Ensemble
Des solutions concrètes pour transformer la France et l'Europe.
En mars 2025, l'Europe a mobilisé 800 milliards d'euros pour le réarmement en quelques semaines. La même année, on expliquait qu'il n'y avait pas les moyens pour la santé, l'éducation, la recherche, l'agriculture ni les transports. L'argent public n'est pas rare. Il est orienté.
Ce ne sont pas des accidents. Ce sont les résultats de choix politiques précis qui peuvent être défaits.
Le diagnostic : quatre limites
Selon le Stockholm Resilience Centre (Science Advances, septembre 2023), six des neuf limites planétaires sont déjà franchies. Nous détruisons, à une vitesse accélérée, les conditions d'habitabilité de la Terre pour les générations futures. Ce n'est pas une projection. C'est notre présent.
Quarante ans de déréglementation financière ont produit des inégalités structurelles. Le capital est moins taxé que le travail. Des États systématiquement privés de la capacité à financer des projets communs. Ce n'est pas de la fatalité. C'est le résultat d'une doctrine.
Là où les services publics ont reculé, le vote pour les partis qui désignent des boucs émissaires a progressé significativement plus vite (Cagé & Piketty, 2023). La montée de l'extrême droite n'est pas une pathologie culturelle. C'est une réponse rationnelle à un abandon institutionnel mesurable.
Quand le capital s'achète le débat. En France, neuf des dix premiers groupes de presse appartiennent à des milliardaires ou à de grands groupes industriels. Les lobbies industriels dépensent des centaines de millions d'euros pour influencer les législations européennes. La démocratie formelle existe. La démocratie réelle est sous pression constante.
La leçon de 2008
En 2008, les gouvernements occidentaux ont mobilisé des milliers de milliards pour sauver des banques dont les dirigeants ont bénéficié d'une quasi-impunité. Les pertes ont été socialisées. Les profits, privatisés.
La BCE a mobilisé 1 850 milliards d'euros entre 2020 et 2022 pour stabiliser les marchés. Ces capacités existent. Elles peuvent être orientées vers la transition écologique et les services publics. Pendant ce temps, la France verse 67 milliards d'euros d'intérêts par an à ses créanciers, dont une part circule en boucle entre l'État, la BCE et la Banque de France sans logique économique.
Sortir de l'impasse
Le conflit en Ukraine dure depuis le 24 février 2022, quatre ans et cinq mois, plus longtemps que la Première Guerre mondiale. Près de 2 millions de victimes militaires des deux côtés (CSIS). 2025 a été l'année la plus meurtrière pour les civils depuis le début de l'invasion. Aucune dépense militaire ne remplace la diplomatie.
« Une nation qui continue année après année à dépenser plus d’argent pour la défense militaire que pour les programmes d’élévation sociale approche de la mort spirituelle. »
Martin Luther King · Discours « Beyond Vietnam » · 4 avril 1967Demande de cessez-le-feu immédiat en Ukraine et ouverture d'une conférence de paix multilatérale associant toutes les parties, y compris l'Ukraine, la Russie, l'Union européenne et les Nations Unies.
Doctrine diplomatique : la diplomatie ne consiste pas à parler uniquement avec ses alliés. La France renoue avec un dialogue direct, y compris avec des acteurs avec lesquels elle est en désaccord, pour construire une paix durable plutôt qu'une trêve fragile.
Construction d'une défense européenne autonome sur dix ans, condition d'une sécurité durable sans course aux armements permanente ni dépendance américaine.
Sortie progressive du commandement intégré de l'OTAN sur dix ans, dans la continuité de la doctrine gaullienne de 1966. Cette transition suppose trois conditions préalables : une force de projection européenne opérationnelle, une doctrine stratégique commune et un budget de défense mutualisé. Le statut futur de l'Ukraine doit garantir sa souveraineté et sa sécurité sans faire du pays une ligne de fracture permanente entre blocs antagonistes.
La réorientation des investissements
L'urgence n'est pas de trouver l'argent. C'est de décider où il va. Chaque euro investi dans la décarbonation de l'économie génère deux à trois fois plus d'emplois qu'un euro investi dans les énergies fossiles.
700 000 rénovations thermiques par an. Sortie des énergies fossiles sur vingt ans. Réseaux électriques intelligents. La transition n'est pas un coût, c'est une assurance.
Selon SNCF Réseau, il manque 1,5 milliard d'euros par an en investissements publics pour entretenir et moderniser le réseau, pendant que l'Allemagne investit le double. Réouverture des petites lignes, fret ferroviaire, mobilité rurale garantie.
La France a reculé dans les classements PISA depuis vingt ans. Classes surchargées, enseignants sous-payés, établissements dégradés : des choix budgétaires, pas des fatalités.
11 % du territoire français est en désert médical. 6 millions de Français n'ont pas de médecin traitant. Reconstruire la médecine publique, c'est de la prévention économique.
Les agriculteurs français gagnent en moyenne moins que le SMIC. Réorienter les aides vers l'agriculture biologique, les circuits courts et l'agro-écologie.
Ces cinq secteurs ont un point commun : leur rentabilité sociale et écologique est documentée. Ce n'est pas un programme de dépenses. C'est un programme de réorientation.
Le coeur du programme
« Il n'y a pas d'argent magique », « on ne peut pas dépenser plus qu'on ne gagne », « il faut gérer le pays en bon père de famille ». Cette comparaison est répétée tous les jours et elle est fausse. Un ménage doit gagner avant de dépenser ; un État dépense pour que d'autres gagnent. Un ménage a une durée de vie limitée ; un État est perpétuel et ne rembourse jamais sa dette, il la refinance. Ni un ménage ni une entreprise ne perçoivent l'impôt, ne disposent d'une banque centrale ou ne cherchent à créer les conditions de leur propre demande. Une entreprise licencie pour redresser ses comptes ; un État qui coupe dans la dépense réduit l'activité, donc ses recettes. La métaphore n'éclaire rien : elle sert de fin de non-recevoir à toute discussion sur les moyens de l'action publique, et de justification à la réduction continue de notre modèle social. Ce n'est pas un argument économique, c'est un procédé destiné à clore le débat avant qu'il ne s'ouvre. En mars 2025, il a pourtant suffi de quelques semaines pour dégager 800 milliards d'euros. Personne n'a répondu que les caisses étaient vides.
Trois leviers
Aucune loi économique n'oblige un État à se financer sur les marchés. C'est un article de traité, et un traité se renégocie. Cette dépendance coûte 67 milliards d'euros d'intérêts par an à la France, premier poste budgétaire, davantage que la Défense ou l'Éducation. Payer des créanciers privés pour de la monnaie que la banque centrale peut créer n'a aucune justification économique.
Nous proposons que la Banque européenne d'investissement émette des titres perpétuels à taux zéro, dédiés aux seuls investissements de transition, que la BCE conserve à son bilan sans échéance de remboursement. Fin du chantage à la dette : elle cesse d'être une charge et devient un instrument.
30 à 48 Mds€/an
Les aides publiques aux entreprises représentent au moins 211 milliards d'euros en 2023, dont 108 milliards au sens strict. La commission d'enquête sénatoriale de juillet 2025 souligne qu'elles ne sont ni lisibles, ni suffisamment conditionnées, ni correctement évaluées.
Évaluation systématique, conditionnalité à des objectifs sociaux et productifs, extinction des dispositifs dont l'efficacité n'est pas démontrée.
15 à 20 Mds€/an
Lutte contre l'évasion fiscale, ISF rétabli incluant le capital financier, contribution de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros, réforme des successions, taxe sur les transactions financières étendue aux produits dérivés.
30 à 43 Mds€/an
Ce que nous ne prétendons pas
Créer de la monnaie ne crée pas de ressources : il faut des travailleurs, des matériaux, de l'énergie, des compétences. Si la demande dépasse durablement la capacité de production, l'inflation apparaît. Cette contrainte est incontournable, mais c'est elle, et non un chiffre de déficit arbitraire, qui devrait discipliner nos arbitrages.
Ce mécanisme suppose d'élargir le mandat de la BCE au niveau maximal d'emploi compatible avec la stabilité des prix, et d'y intégrer les risques climatiques. La Réserve fédérale américaine fournit un précédent partiel. Cela exige une révision des traités européens, selon une procédure lourde. Nous ne le dissimulons pas : c'est le coeur politique du programme.
Trois garde-fous l'encadrent : fléchage exclusif vers l'investissement productif, audité annuellement ; plafonnement à la capacité productive réelle, ce qui impose une montée en charge sur cinq ans ; contrôle démocratique par le Parlement européen, avec évaluation contradictoire indépendante.
Des règles présentées comme intangibles ont déjà été suspendues en 2020, puis assouplies en 2025. Chaque fois, la vie a continué. Ce que nous avons rendu financièrement possible pour la défense en quelques semaines, pourquoi refuserions-nous de l'envisager pour l'hôpital, l'école ou l'écologie sur dix ans ?
Nos propositions
700 000 rénovations thermiques par an, 300 000 emplois. Garantie d'emploi TZCLD. Plan santé, éducation, justice.
30 Mds€/an : isolation 20 Mds€/an : santéPrix planchers garantis. PAC réformée vers l'agro-écologie. Interdiction des néonicotinoïdes. 30 % de bio en 2035.
PAC réformée Prix planchers 30 % bio 2035Politique industrielle active sur 5 filières stratégiques. Protection de l'appareil productif contre les fonds prédateurs : encadrement des LBO, contrôle des investissements étrangers, droit de préemption des salariés. La recherche est financée par l'argent public, les bénéfices privatisés : ce paradoxe doit être corrigé.
Semiconducteurs Acier vert BatteriesISF élargi au capital financier. Taxe Zucman à 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros. Réforme des successions. Coalition européenne comme préalable.
10 Mds€/an : ISF 10-15 Mds€/an : ZucmanSéparation bancaire. Instruments de la BCE orientés vers la transition. Fin du chantage à la dette.
15-20 Mds€/an : BCEProportionnelle, RIC, conventions citoyennes. Indépendance de la justice. Réforme des médias. Les institutions d'abord.
6e République RIC ProportionnelleLe programme en un coup d’oeil
Ce que les six transformations signifient concrètement. Chacune de ces mesures est détaillée, chiffrée et argumentée dans le manifeste complet.
1 600 euros nets sur cinq ans, avec indexation automatique sur l’inflation réelle et les gains de productivité. La France est au 6e rang européen, derrière l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas.
Garantie d’emploi généralisée sur le modèle TZCLD : 18 000 euros par emploi créé contre 22 000 euros de coût social du chômage. 32 heures sur cinq ans alignées sur les gains de productivité.
3 000 maisons de santé publiques et conventionnement sélectif contre les déserts médicaux. Remboursement intégral des consultations de psychologue. Fin de la tarification à l’acte.
Vingt élèves maximum par classe en zone prioritaire. Revalorisation des enseignants au niveau de la moyenne OCDE. Conditionnalité des financements publics au privé sous contrat selon un indicateur de mixité sociale.
700 000 rénovations performantes par an, 150 000 artisans formés, 300 000 emplois non délocalisables. Chaque euro investi génère 2,5 euros d’activité économique.
3 milliards d’euros par an supplémentaires. Réouverture des petites lignes fermées depuis 2000, RER dans chaque agglomération de plus de 200 000 habitants, pass à 49 euros par mois pour les moins de 27 ans. Fret ferroviaire porté de 9 à 18 % en 2035.
Tramways, bus à haut niveau de service et vélos en libre-service dans les villes. Véhicules électriques partagés dans chaque commune rurale. Concessions autoroutières : échéance 2031-2036, non-renouvellement aux mêmes conditions et péages fléchés vers le rail.
Tarif réglementé étendu à tous les ménages et PME, indexé sur le coût de production français et non sur le prix marginal européen du gaz.
Déploiement des renouvelables et adaptation des réseaux, 15 milliards par an. Prolongation du parc nucléaire existant. Prise de participation majoritaire dans TotalEnergies pour piloter la transition.
Prix planchers garantis en dessous desquels il devient illégal d’acheter aux producteurs. PAC réorientée vers l’agro-écologie, 30 % de bio en 2035. Interdiction des néonicotinoïdes. Refus de ratification du Mercosur.
Cinq filières prioritaires : semiconducteurs, médicaments essentiels, acier vert, batteries, agroéquipements. Réorientation de Bpifrance vers la participation directe plutôt que les fonds d’investissement.
Encadrement des rachats à effet de levier et interdiction des remontées de trésorerie agressives. Échevinage des tribunaux de commerce. Droit de préemption réel des salariés avec fonds de reprise coopérative.
Rétablissement de l’ISF incluant le capital financier : 10 milliards d’euros par an. Taxe Zucman à 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, environ 1 800 foyers. Réforme des successions.
Banques de dépôt séparées des banques d’investissement en trois étapes sur cinq ans. Fin de la garantie implicite de l’État aux activités spéculatives.
Conversion de la dette détenue par la BCE en dette perpétuelle à taux zéro : 15 milliards d’euros de charge annuelle supprimés. Activation préventive du TPI contre la spéculation.
Règle d’or : seul l’investissement public entre dans le calcul du déficit. Mandat de la BCE élargi au plein emploi et à la stabilité climatique, sur le modèle du double mandat américain.
Extension aux produits dérivés et aux transactions à haute fréquence, aujourd’hui exonérées : 50 à 80 milliards d’euros par an à l’échelle européenne.
Fin des aides publiques aux médias détenus par des milliardaires, redéployées vers l’audiovisuel public. Cloud souverain européen et logiciels libres par défaut dans les administrations.
Cessez-le-feu et conférence de paix multilatérale associant toutes les parties. Sortie progressive du commandement intégré de l’OTAN et défense européenne autonome en dix ans.
Proportionnelle intégrale. Référendum d’initiative citoyenne en quatre dimensions : proposer, abroger, révoquer, constituante. Conventions citoyennes constitutionnalisées. Indépendance du parquet.
Élection présidentielle 2027
Comprendre qui crée la monnaie, qui décide des règles budgétaires et qui en supporte les conséquences relève de la culture politique élémentaire, pas de l'expertise. Nous publions ce programme pour rendre ces questions accessibles à ceux qui n'ont ni le temps ni les codes pour les décrypter. Nous interpellons les candidats à l'élection présidentielle de 2027 et attendons de chacun un positionnement clair.
Les règles budgétaires et monétaires européennes sont-elles
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À propos
Nous sommes un collectif de citoyens ordinaires. Des personnes convaincues que les solutions existent et qu'il est temps de les mettre en oeuvre.
Nous ne croyons pas en l'homme ou en la femme providentiel(le) mais aux solutions que nous portons et nous comptons sur l'intelligence collective pour les appliquer. L'anonymat n'est pas une faiblesse : c'est un choix délibéré pour que les idées priment sur les personnes.
Nous ne recevons aucun financement externe. Aucun parti, aucune fondation, aucun mécène. Ce programme est produit et diffusé bénévolement. Cette indépendance est la condition de notre crédibilité.
Nous ne sommes affiliés à aucun parti. Nous soutiendrons publiquement les partis et les candidats qui s'engagent à appliquer nos solutions, dès lors qu'ils respectent les principes démocratiques et écologiques qui fondent ce programme.
Les documents
Le diagnostic et les six transformations. Pour comprendre l'essentiel en un quart d'heure.
TéléchargerContexte, diagnostic approfondi, logique des réformes, horizon 2035.
TéléchargerToutes les propositions, les modalités de mise en œuvre, les objections sérieuses et leurs réponses.
TéléchargerLe texte publié par le collectif : la contradiction des 800 milliards, le chiffrage du programme et le mécanisme de financement proposé.
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